Desire.m0i.un.mouton

La tête dans la laine.

Lundi 8 octobre 2018 à 22:59

 Je me demande si je pourrais écrire des trucs positifs un jour, ici.

J'ai passé ma journée à broyer du noir. Des larmes pendant des heures. Je suis épuisée...
Ca a commencé hier, quand je me suis rappelée d'un "détail" de mon week-end. Je suis sortie vendredi soir dans un bar avec un pote et mon copain. On partait du principe que l'on ne trainerait pas, parce qu'on travaillait tous les deux samedi matin. Sauf que mon mec n'a aucune volonté. Rien à foutre qu'il ait dit à son boss qu'il viendrait, il préfère mettre de côté ses engagements et kiffer sa soirée comme il l'entend. On rencontre des gens, on discute, la soirée est cool mais de mon côté, je sais que je ne resterai pas. Parce quand je dis que je viens travailler, j'y vais (surtout vu le besoin désespéré d'argent que j'ai). Je n'ai pas du tout envie de rentrer seule, les gens chelous ça court les rues. Deux copains finissent par me proposer de me raccompagner, de toute façon le bar ne va pas tarder à fermer. Il est 2h. J'abandonne notre pote et mon copain, après s'être embrouillés parce que selon moi, c'est vraiment un comportement de merde de ne pas aller travailler juste parce qu'on veut faire la fête. Forcément, il en a rien à battre, c'est pas la thune qui manque. Et puis, vu qu'il bosse dans une grosse boîte, les retards et absences sont habituels, c'est pas une absence qui va le faire virer.

Bref, je les ai abandonnés, rentrant tranquillement chez mon copain, chez qui j'avais laissé toutes mes affaires pour le lendemain. Après m'être endormie à 2h30, je me réveille en panique à 6h du matin. Sans vraiment savoir pourquoi. Un cauchemar peut-être ? Un mauvais pressentiment ? Je suis seule dans l'appart. Il n'est pas encore rentrée. Je me recouche, essayant désespérément de me rendormir tout en étant un peu inquiète. Je mets une demi-heure à me rendormir... Pour me re-réveiller 30 minutes plus tard parce qu'il rentre chez lui. Il fout un boucan du diable et finit par débarquer dans la chambre, en allumant la lumière sans hésitation. Il me voit, dit simplement "ok", éteint la lumière, ressort et ferme la porte. J'entends un gros bruit dans le salon, je file voir... Il est allongé par terre, prêt à faire sa nuit. Il est déchiré comme pas possible, je ne l'ai jamais vu dans cet état en 5 ans. J'essaye de lui parler et de le convaincre d'aller se coucher dans son lit (malgré son odeur horrible d'alcool), pas moyen de le faire bouger. Je lui demande chez qui il est allé après le bar, histoire de lui faire garder conscience. "Je sais paaaas" "Chuuuut". Ok. Je retourne au lit... Je me rendors à 8h40. Pour me lever à 9h10 et aller bosser. Mon cours se passe bien, je reviens vers 16h chez mon copain qui vient tout juste de se réveiller. On discute, on mate un film. J'essaye de le motiver à ressortir ce soir. "Pas moyen, j'suis encore déchiré, j'me sens pas bien".

J'invite le pote de la veille à repasser la soirée au même bar avec 2 autres potes. Le pote de la veille appelle mon copain... et parvient très facilement à le motiver à venir. Quelques minutes après être arrivé, on est tous autour d'une table à passer du bon temps, à boire de la bière et à discuter. Et là, il lâche un "Faudra que je m'excuse auprès de Mathilde quand je la reverrai, j'étais tellement déchiré que j'ai essayé de l'embrasser".

Ah. Génial. De une, l'excuse du "j'étais trop déchiré DONC"... c'est trop facile. je bous. De deux, les excuses,c 'est plutôt à moi qu'il faudrait les présenter ? Et en plus de ça, il balance l'info comme une fleur, de  l'autre bout de la table avec 4 personnes à nos côtés. Ben oui, c'est bien plus pratique pour que je ne puisse pas lui passer un savon. Je prends sur moi, je vais voir d'autres gens et l'alcool me fait assez vite penser à autre chose. La soirée s'éternise, On va dans un autre bar, puis chez un pote, puis chez moi, puis au marché, puis dans 2 bars du marché. On finit par se séparer, il est 13h. On se réveille chez moi à 18h, complètement retournés. On émerge, on s'habille et on part chez lui pour la soirée. On mate une série avec un pote et on finit par aller se coucher.

Et là, pendant que j'essayais de m'endormir, je me souviens. Je me souviens de cette phrase lâchée comme si de rien n'était entre deux conversations. Et ça me bouffe. Les questions se bousculent dans ma tête. Quand ? Pourquoi ? Comment ? Je suis partie à 2h quand le bar fermait, ça a pu s'éterniser jusqu'à 3h maximum. En gros, en 1h il a continué de discuter avec les filles que l'on avait rencontrées avant que je parte et a essayé de rouler une galoche à l'une d'elles. Comme ça. Et le "essayé" de l'embrasser me laisser confuse. Il n'a pas réussi mais pour quelle raison ? Est-ce qu'il s'est rendu compte tout seul qu'il faisait une connerie ? Est-ce qu'il s'est soudainement souvenu que j'existais ? Ou bien est-ce qu'il s'est tout simplement pris un râteau parce que la fille en question qui, elle, se souvenait de moi, se souvenait que j'étais avec lui et qui a beaucoup plus de jugeote que lui pour savoir que c'est une connerie de se laisser faire ? Et si elle l'avait laissé faire ? Je serai officiellement cocue ? L'aurait-il bécotée toute la soirée puis essayé de trouver un petit coin tranquille pour la fourrer ? Tellement de plans surgissent dans ma tête. Est-ce que je dois prendre contact avec elle pour avoir la vraie version ou est-ce que je dois lui faire confiance à lui, quand il "me" dit qu'il a juste essayé ?

Ca me rend dingue. J'ai fini par m'endormir, après l'avoir progressivement repoussé de mon corps pour pouvoir respirer. Sauf que quand je me suis réveillée ce matin à 9h, je ne pensais qu'à ça. J'ai ruminé pendant des heures pour finalement me résoudre à jouer à un jeu vidéo pour me défouler un peu. Ca n'est pas un moyen très efficace, je vous l'avoue. J'ai fini par lâcher à 13h, pour aller me brûler la peau sous la douche. Je savais qu'il allait revenir, qu'il allait rentrer du travail. Je redoutais la confrontation. Parce que je savais qu'il fallait que j'en parle ou ça allait me bouffer. Il est arrivé, est entré dans la salle de bains pour m'embrasser, je l'ai simplement ignoré. Après 30 minutes de douche et 30 minutes assise en serviette sur le siège des toilettes, à réfléchir, à trembler comme une feuille, tétanisée par la peur, submergée par la colère, à la limite du dégoût, j'ai fini par m'habiller. Au moment où je m'apprêtais à sortir, il frappe à la porte, l'ouvre et je lui passe devant, ne me sentant pas prête à l'embrasser. Je file en cuisine pour me préparer à manger, il m'assène de questions pour savoir pourquoi je fais la gueule. Les pleurs finissent par venir, les reproches aussi et la colère me saisit tellement que mon corps entier et ma voix tremblent. "Qu'est-ce qui ne va pas, explique moi". "Demande à Mathilde plutôt, elle sera sûrement ravie de t'expliquer". "Mais je te l'ai dit que j'avais fait le con en essayant de l'embrasser" "NAN, tu l'as dit à la tablée, pas à MOI. Moi, j'ai droit de l'apprendre en même temps que les autres alors que je pense quand même être la plus concernée, putain". Les mots ont tellement de mal à sortir que je me retourne pour qu'il ne me voit pas pleurer. Il finit par retourner s'asseoir à son bureau, pour mater ses vidéos de merde. Je termine mon repas, fais mon sac et quitte l'appartement sans dire au revoir ni me retourner. Je passe une heure dans ma voiture, sur le parking. A pleurer, à écouter de la musique. Les larmes me collent les paupières, j'attends que tout ça se tasse pour être apte à prendre le volant. La vision floue n'est pas vraiment propice à la conduite. Je rentre chez moi à 17h, les larmes ne s'arrêtent jamais vraiment de couler.  Et pas seulement à cause de ça.

Tout ce qui foire dans ma vie me prend à la gorge.  Si seulement on pouvait voir l'avenir, ça m'arrangerait. Je me suis lancée en micro-entreprise il y a bientôt 6 mois, avec des espoirs pleins la tête, vraiment motivée et positive quant à mon avenir. Je me sentais vraiment reboostée, j'avais enfin un projet de carrière, un qui me plaisait vraiment et qui me donnait envie de me lever le matin. Et puis les semaines ont passé, le compte bancaire a baissé, l'estime de soi aussi. Les nombreux mails restés sans réponse ont eu raison de ma motivation et de mon enthousiasme. J'ai tellement peu d'argent que lorsqu'on sort, je ne paye jamais rien. Même pas de temps en temps. Je passe pour une radine, une laissé pour compte, une mendiante, la kassos du groupe. Mais chaque centime dépensé est soigneusement compté, j'anticipe mes frais des mois à l'avance sur un fichier excel pour savoir précisément quand je serai à découvert. Pour savoir quand il faudra que je rende mon appart parce que je serai incapable de le payer... L'Etat n'aide pas à la chose non plus. J'ai des allocations chômage qui ont l'air de baisser tous les mois, même si je ne déclare aucun chiffre d'affaire. Et la CAF a baissé d'office mes APL quand j'ai signalé mon nouveau statut. Même sans chiffre... En gros, pour survivre, il faudrait que j'arrête mes forfaits internet et téléphone, que je supprime mon assurance habitation, mon assurance voiture, celle de ma carte bancaire, et que j'arrête de rembourser ma voiture à mon père. Et que je vive dans un appartement vide. Ce que je touche des organismes paye à peine tout ça. Du coup, je donne des cours d'anglais et de français. Pas suffisamment régulièrement pour m'en sortir pour autant. Et en plus de ça, je perds l'argent que je gagne. Histoire de rajouter encore plus de larmes et histoire que je me dise que je suis vraiment une merde. Le petit billet dûment gagner qui tombe malencontreusement du sac... Oups.

J'en viens même à me dire que si mon copain a essayé d'embrasser quelqu'un d'autre que moi, c'est que c'est de ma faute. Pourquoi resterait-il avec moi ? J'ai pas de taf, pas d'agent, tous mes projets sont au conditionnel. J'ai envie de sorties, de festivals, de road trips à travers la France, de voyages en Islande... Mais je freine tout ça. Dépendre financièrement des gens qui m'entourent pour garder le moral, ça me bouffe. J'ai une confiance minable en moi, j'ai vraiment l'impression d'être une merde sans nom, et une déception de taille pour mon père. Je le vois de moins en moins... Pourquoi ? Parce que qu'est-ce que j'irai lui raconter ? "Rien ne change, j'ai toujours pas trouvé de taf, je pense que je vais encore me faire larguer et je suis au fond du trou" .

Si je me retrouve sans copain, sans argent, que je ne peux pas sortir de chez moi pour rencontrer des gens, que je n'ai pas de travail, pas de raison de me lever le matin, pas de projet pour lequel j'ai une véritable passion, à quoi bon ?  Qu'est-ce qui va me donner envie de continuer ? Vivre une vie de misère ? Une vie pour laquelle il faudrait se battre en vain ? Je creuserai ma propre tombe. Je vendrai mes biens un par un, je finirai par rendre mon appart pour vivre dans ma voiture, je devrai me séparer de tous ces souvenirs auxquels je tiens tant... Et je tournerai toujours en rond. Je serai toujours à me demander ce que je vais faire de ma vie, ce qui me botte, ce pour quoi je suis douée. Mais là, je ne suis bonne à rien. Je vais finir par bosser chez McDo pour une paye de misère, juste pour suivre et me passer cette envie de me foutre en l'air. Mais à vrai dire, si, après toutes ces années d'études, je ne finis à bosser chez McDo, je pense que j'aurai vraiment envie de me foutre en l'air. Une vie entière gâchée. Une vie qui avait tellement de potentiel. Je suis pas conne, en fait. Je me considère même comme quelqu'un d'intelligent. Mais ramper devant les gens pour qu'ils me filent du travail alors que j'ai bosser pendant des années pour avoir un bagage d'étude, ça me fout la gerbe. Et même les jobs bidons, "alimentaires", auxquels je postule, j'en suis recalée. Parce qu'il y a déjà des gens qualifiés qui l'ont demandé, ce poste. Qui voudrait d'une fille de 29 ans qui n'a d'expérience qu'avec les gamins (que je ne peux plus voir en peinture) et la restauration ?

Saturation. Je ne suis qu"une merde.
On peut rembobiner notre vie ?
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